Carrières

L’activité extractive des carrières dans le bassin Seine-Normandie

L’activité extractive française est réalisée essentiellement par l’exploitation de carrières de granulats, de pierres ornementales et de construction et de roches ou minéraux industriels (RMI). Ces carrières alimentent directement le marché de la construction et du BTP (bâtiment et travaux publics) ou des filières industrielles dans tous les domaines à travers leur usage dans des procédés de fabrication (comme l’électrométallurgie, la fonderie, les forages, le broyage, l’agroalimentaire, l’assainissement etc.), ou pour leur emploi dans des produits manufacturés (comme les produits de construction, le funéraire, le verre, le papier, les plastiques, le caoutchouc les peintures, les médicaments, etc.). Partout sur l’ensemble du territoire, l’exploitation de ces carrières est un facteur essentiel de notre cadre de vie, et omniprésente dans les produits de notre quotidien.

Cadre réglementaire

La législation et les réglementations s’appliquant aux exploitations de carrières sont issues principalement du code de l’environnement (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Toutes les carrières en activité sont soumises à des autorisations préfectorales pour une durée déterminée. La remise en état qui accompagne la fin d’une exploitation de carrière est soumise à un cadre réglementaire. Cette remise en état permet la réhabilitation du site et doit prendre en considération la biodiversité propre au territoire.
Plus concrètement, « l’exploitant doit garantir une stabilité à long terme des sols, maîtriser la circulation des eaux et préserver leur qualité et assurer la sécurité du public. La remise en état doit viser le retour à l’équilibre de l’écosystème, en tenant compte du climat, de la nature du substrat minéral et de la nappe phréatique  , de la physico-chimie de l’eau, des battements de la nappe, de la richesse des eaux en éléments nutritifs et de la nouvelle topographie. » (voir, par exemple, la plaquette de la DREAL Centre).

Les carrières du bassin Seine-Normandie

Dans le bassin Seine-Normandie, 690 carrières sont autorisées et exploitent diverses ressources minérales :

  • Les roches massives (exemple : craie  ) exploitées (310 carrières) représentent 45% de l’activité extractive du bassin
  • Avec 313 carrières dans le bassin (45% de l’activité totale), les carrières alluvionnaires exploitent des sables et graviers pour un usage en granulat pour le béton et les assises de chaussées.
  • Certains minéraux industriels spécifiques sont exploités sur le bassin Seine-Normandie : les argiles de Provins pour un usage en céramique, les sables de Fontainebleau et de Beauchamp utiles à la verrerie, certains calcaires et craies pour la charge minérale et pour le ciment.

Une variété importante de matériaux disponibles permet donc d’extraire une ressource diversifiée utile pour les différentes filières.

Cartes des carrière dans le bassin Seine-Normandie (BRGM, 2015) -  voir en grand cette image"
Cartes des carrière dans le bassin Seine-Normandie (BRGM, 2015)

Relations entre les carrières et les eaux souterraines

Dans leur mode d’extraction, les carrières interagissent avec leur environnement :

  • Défrichement de forêt ou suppression de zone de culture,
  • Modification de la morphologie du paysage,
  • Création de fosse de profondeur variée.

Ces extractions en profondeur atteignent parfois les nappes d’eau. En fonction des extractions, la nappe peut être mise à nu (c’est-à-dire affleurante : au contact direct avec la surface et l’atmosphère) et/ou un rabattage de la nappe (pompage des eaux souterraines pour rabaisser le niveau de la nappe) est pratiquée pour permettre l’extraction.

En fonction du type de carrières, l’interaction avec la nappe d’eau est différente :

  • Les carrières de roches massives  : Les carrières de roches massives extraient la roche par abatage à l’explosif et par exploitation à la pelle mécanique. Certaines carrières peuvent parfois extraire les matériaux du réservoir aquifère   (au contact avec la nappe phréatique  ). Ces nappes phréatiques mises à nu deviennent donc vulnérables à l’environnement extérieur et aux eaux d’exhaure qui y ruissellent.
  • Les carrières alluvionnaires  : Les carrières alluvionnaires exploitent des sables et graviers de qualité dans les principales vallées de la Seine, de la Somme, de l’Oise et de la Marne  . Les carrières exploitées dans la nappe alluviale   puis réhabilitées permettent des réaménagements variés des bassins d’eau créés au moment de l’extraction. Cependant, l’exploitation massive dans les zones alluviales mène à un mitage dans ces cœurs de vallée qui peut exacerber la vulnérabilité des nappes et induire des désordres hydrologiques. Ainsi, les services de l’Etat depuis les années 1990 sollicitent des substitutions de ces matériaux par des matériaux issus de roches massives. A travers les schéma départementaux des carrières (carte des ressources à consulter sur materiaux.brgm.fr), les orientations à suivre pour éviter les carrières en zone alluviale a permis de limiter les extractions massives dans ces vallées.

Le suivi réglementaire : Pour chaque exploitation, il y a cependant des conditions d’exploitation à respecter qui sont suivies par l’administration qui instruit les dossiers d’autorisation et le suivi de l’extraction. Ainsi, la DRIEE/DREAL met en place des outils de contrôle pour veiller au respect des conditions d’extraction tel que la présence de piézomètres, de visite de site et autres mesures pouvant garantir le respect de l’environnement par l’exploitant.

Pour en savoir plus
Les sites internet suivants peuvent fournir des informations complémentaires :

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