Résultats de l’Etat des Lieux 2013

La Directive Cadre sur l’Eau 2000/60/CE (DCE) et sa directive fille   2006/118/CE pour l’évaluation de l’état chimique des masses d’eau souterraine   définissent l’état qualitatif des eaux souterraines comme « bon » lorsque à la fois :

  • les concentrations en polluants dues aux activités humaines ne dépassent pas les normes définies,
  • ces concentrations n’empêchent pas d’atteindre les objectifs fixés pour les eaux de surface associées,
  • il n’est constaté aucune intrusion d’eau salée (ou autre eau polluée) due aux activités humaines.

Etat des lieux 2013

Méthode pour l’évaluation

Afin de définir l’état chimique (qualitatif), il faut réaliser une suite de tests indépendants (appelée également « enquête appropriée »). Si un seul des tests n’est pas conforme, l’état analysé est considéré comme « Médiocre » et entraîne automatiquement un état global « Médiocre » de la masse d’eau   concernée.
Cinq tests sont relatifs à l’évaluation de l’état chimique dont deux sont spécifiques (« Qualité générale » et « Zones protégées AEP ») et trois sont communs avec l’état quantitatif (« Eaux de surface », « Ecosystèmes terrestres » et « Intrusion salée ou autre »).

Procédure d'évaluation de l'état global des masses d'eau souterraine (AESN, 2013)
Procédure d’évaluation de l’état global des masses d’eau souterraine (AESN, 2013)

Selon les préconisations du guide national annexé à la Circulaire du 23 octobre 2012, l’expertise est basée sur l’ensemble des analyses d’eau brute réalisées sur toutes les stations surveillées sur le bassin (à l’exclusion des points spécifiques de l’auto-surveillance des Installations Classées Pour la Protection de l’Environnement, ICPE) et pendant plusieurs années.
Un point d’eau est en bon état chimique initial si :

  • la moyenne des moyennes annuelles ne dépasse pas la norme ou la valeur-seuil ;
  • ET si, la fréquence de dépassement de la valeur-seuil n’excède pas 20% (les chroniques doivent compter au moins 5 valeurs). L’évaluation de l’état passe par trois échelles spatiales différentes :
  • la station de mesures (captage ou qualitomètre) ;
  • le secteur de masse d’eau   : cette sectorisation est effectuée par croisement de la vulnérabilité intrinsèque et de cinq classes de pressions (OTEX). La partie sous couverture des masses d’eau représente un secteur supplémentaire et la masse d’eau   captive (Albien –Néocomien captif n°3218) s’apparente à un seul secteur. Ainsi 16 types de secteurs existent sur le bassin et tous les qualitomètres sont rattachés à l’un de ces secteurs ;
  • la masse d’eau souterraine   : échelle de gestion au sens de la DCE et de rapportage à la Commission Européenne.

Résultat sur l’état qualitatif

Le bassin Seine-Normandie comprend 60 masses d’eau :

  • 53 masses d’eau souterraine   sont rattachées au bassin Seine-Normandie, dont 3 sont trans-bassins
  • 7 masses d’eau trans-bassins rattachées aux bassins voisins. Les résultats principaux concernant la qualité des masses d’eau souterraine   sont les suivants :
  • 12 masses d’eau sont en « Bon état » global et 41 masses d’eau sont en état « Médiocre » (dont 38 masses d’eau dégradées par le seul état chimique) ;
  • les deux principaux paramètres déclassant des eaux souterraines sont les produits phytosanitaires et leurs métabolites (qui affectent 68 % des 53 masses d’eau) ; puis les nitrates (30 % des 53 masses d’eau) ;
  • sur les 36 masses d’eau déclassées par les produits phytosanitaires, 20 le sont par des molécules autorisées (dont 8 uniquement par ces dernières) ;
  • globalement, à l’échelle du Bassin, les teneurs en nitrates continuent d’augmenter ;
  • les concentrations en molécules-mères phytosanitaires aujourd’hui interdites montrent généralement une baisse ;
  • une dizaine de masses d’eau sont dégradées par les substances d’origine industrielle ou urbaine : 6 par les composés organiques halogénés volatiles (les solvants chlorés), 2 par le chlorure de vinyle, 2 par des métaux et 1 par des hydrocarbures et la N-Nitrosomorpholine ;
  • par rapport à l’évaluation réalisée en 2009 (pour le SDAGE 2010-2015), on constate globalement une amélioration du classement : 5 masses d’eau passent en « Bon état ». Néanmoins, 2 masses d’eau passent en état « Médiocre ». L’évolution des méthodes et des connaissances sont a priori en partie en cause mais la comparaison directe du classement demeure délicate ;
  • ces évolutions de classement ne peuvent pas être directement rattachées aux modifications récentes des activités humaines du fait de l’inertie importante des nappes (temps de transfert vers la nappe et temps de renouvellement de l’eau longs).

L’état chimique obtenu par croisement de l’ensemble des tests réalisés, est présenté sur la figure suivante :

Etat chimique à la masse d'eau souterraine obtenu par superposition des résultats des Tests 1 « Qualité générale », 2 « Altération des eaux de surface », 4 « Intrusions salées et autres » et 5 « Zones protégées pour l'AEP » (AESN, 2013) - JPEG - 288.2 ko
Etat chimique à la masse d’eau souterraine obtenu par superposition des résultats des Tests 1 « Qualité générale », 2 « Altération des eaux de surface », 4 « Intrusions salées et autres » et 5 « Zones protégées pour l’AEP » (AESN, 2013)

Pour en savoir plus :

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