Test 1 : « Qualité chimique générale »

Les paramètres déclassant les masses d’eau sont présentés sur la carte suivante :

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Test 1 : qualité générale (AESN, 2013)

20 masses d’eau sont déclassées par les composés minéraux azotés :

  • 16 sont déclassées par les nitrates (30%),
  • 3 par l’ammonium
  • 1 par les nitrites.

Il n’y a aucune masse d’eau   qui soit déclassée à la fois par l’ammonium et les nitrates. L’azote réduit dégrade deux masses d’eau alluviales, de la Seine et de l’Aisne (n°3001 et n°3003). Les concentrations en ammonium sont également fortes sur les masses d’eau affleurantes de l’Albien, toutefois ces aquifères ferrugineuses et à faible teneur en oxygène sont le siège d’importante activité dénitrifiante.

Les substances phytosanitaires déclassent au total 68% des masses d’eau, dont 27 masses d’eau sont dégradées par les molécules-mères non autorisées et leurs métabolites.
Ainsi, la contamination par les substances interdites reste très présente sur le bassin.
Jusqu’à 3 molécules individuelles a priori non-utilisées de nos jours peuvent déclasser à la fois la masse d’eau  .
Plus encore, 8 masses d’eau sont classées en état médiocre seulement par ces substances. Toutefois, les produits de dégradation de substances interdites supplantent le plus souvent les molécules-mères. Ce fait témoigne de la dégradation progressive des substances-mères. Cependant, la toxicité des métabolites peut parfois être plus forte que celle de la molécule d’origine, et leur persistance dans le temps est souvent importante.
L’impact des molécules homologuées actuellement et de leurs métabolites est aussi très significatif : 20 masses d’eau du bassin sont dégradées, dont 8 uniquement par les pesticides autorisés.
Au moins 7 masses d’eau sont contaminées par plusieurs substances à la fois : par exemple, les alluvions   de la Marne   sont concernées par 4 molécules différentes dépassant la norme de potabilité (en moyenne des moyennes annuelles de 2007 à 2010).
Le paramètre « somme des pesticides » (norme = 0,5µg/L) déclasse 7 masses d’eau sans que les molécules individuelles dépassent la norme de 0,1µg/L.

Les produits phytosanitaires sont les paramètres les plus pénalisants pour la qualité des masses d’eau souterraine   du bassin.

Les substances d’origine industrielle et urbaine déclassent une dizaine de masses d’eau.
Une seule masse d’eau   (n°3202, Craie   altérée de l’estuaire de la Seine) est dégradée par les le Benzo(a)pyrène et l’Anthraquinone . Les deux composés sont très peu solubles et très stables une fois les eaux souterraines atteintes (l’hydrolyse très limité). Les hydrocarbures sont en grande partie lessivés par ruissellement et engouffrement dans les bétoires.
Cette masse d’eau  , située au droit d’un des plus importants pôles industriels de France, est par ailleurs dégradée par d’autres substances industrielles, telles que les solvants halogénés et la N-Nitrosomorpholine issue d’un site pharmaceutique. Les teneurs en N-Nitrosomorpholine ont été supérieures en 2012 et 2013 à un microgramme par litre dans certains captages destinés à la production d’eau potable (maximum enregistré dans les eaux souterraines : 3590ng/L en juillet 2012). Il s’agissait de la ressource la plus contaminée connue depuis 2012 en France (résultat de l’étude commandée par la Direction Générale de la Santé sur 300 ressources en eaux potable en 2012, dont les résultats concernnant la morpholine sont commentés par l’ANSES (Campagne nationale d’occurrence de polluants émergents dans les eaux destinées à la consommation humaine). Depuis, le rejet industriel de morpholine (précurseur de la N-Nitrosomorpholine) a été supprimé.
A part la masse d’eau   n°3202, cinq autres masses d’eau souterraine   sont déclassées par des pollutions significatives aux COHV : n°3007 (Alluvions   de la Seine amont), n°3102 (Tertiaire du Mantois à l’Hurepoix, de Paris vers l’aval), et trois masses d’eau haut-normandes (n°3203, n°3204 littorales et n°3211 Craie   altérée du Neubourg / Iton / plaine de St André). A noter que les masses d’eau normandes sont karstiques (n°3204 dans une moindre mesure), et de ce fait particulièrement sensibles aux pollutions de surface. Deux autres masses d’eau sont déclassées par le chlorure de vinyle (n°3102 et n°3204).

Concernant les métaux, le fer et le manganèse très présents dans les eaux souterraines déclassent les alluvions   de la Seine en aval de Paris (n° 3001), les concentrations importantes mesurées dans les autres masses d’eau étant essentiellement attribuables au fond géochimique naturel élevé. Les alluvions   de l’Aisne (n° 3003) comptent l’antimoine parmi d’autres paramètres déclassants cette masse d’eau  . Les autres métaux et métalloïdes (ex. sélénium au sud et sud-est d’Ile-de-France, en région Centre et département de la Marne  ), bien que supérieurs aux normes dans certains captages, sont soit conditionnés par le fond géochimique, soit ne contaminent pas les surfaces importantes (< 20%).
En conclusion, seules 2 masses d’eau sont déclassées par les métaux et métalloïdes.

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