Test 3 : « Altération des écosystèmes terrestres associés » (états chimique et quantitatif)

Ce test est applicable à toutes les masses d’eau souterraine   en relation avec des écosystèmes terrestres. Les zones humides sont les écosystèmes terrestres à étudier en priorité. A l’instar du Test 2 « eaux de surface », il s’agit d’identifier les zones humides en interaction dynamique avec les masses d’eau souterraine   (échanges hydriques) et d’estimer :

  • l’impact des prélèvements d’eau souterraine sur le fonctionnement de la zone humide  ,
  • et si la dégradation de la qualité chimique de la zone humide   est constatée, le transfert éventuel d’un polluant de masse d’eau   souterraine vers l’écosystème terrestre. La DCE prônant une cohérence entre les directives liées à l’eau, suggère de mener une expertise approfondie sur les sites NATURA 2000 définis dans le cadre des directives « Habitat » (1992) et « Oiseaux » (1979).

Parmi les sites NATURA 2000 du bassin rapportés à l’Europe, sont sélectionnés des sites renfermant au moins un milieu aquatique (sans distinction de taille de ce milieu). Puis, on a cherché à établir l’existence d’un lien dynamique entre les zones humides et les nappes d’eau souterraine. Cette dépendance est appréhendée par deux approches :

  • écologique : qui consiste à repérer une espèce ou un habitat caractéristique des apports hydriques souterrains nécessaires à leur existence ou fonctionnement ;
  • hydrologique : qui estime la probabilité d’alimentation (même partielle) d’un milieu humide par la nappe. Cet aspect est approché par le calcul de la profondeur moyenne de la nappe par rapport à l’altitude du sol. Cependant, les listes des espèces caractéristiques des apports des eaux souterraines   ne sont pas exhaustives sur le bassin, les espèces pas toujours répertoriées et dans certaines zones du bassin les piézomètres sont rares, voire inexistants (ex. pointe Cotentin). Aussi, deux critères, écologique et hydrogéologique, ne sont pas toujours renseignés de manière homogène sur le bassin.
    Sites NATURA 2000 à forte probabilité de lien avec les eaux souterraines (BRGM-ONEMA-AESN, 2013) - JPEG - 497.6 ko
    Sites NATURA 2000 à forte probabilité de lien avec les eaux souterraines (BRGM-ONEMA-AESN, 2013)

    Environ 200 Sites d’Importance Communautaire (au droit de 49 masses d’eau souterraine  ), dont une centaine avec deux critères de dépendance (écologique et hydrologique) sont identifiés par cette analyse sur le bassin Seine-Normandie. S’y ajoutent les 44 ZPS (Zones de Protection Spéciale, directive Oiseaux) sélectionnés par le critère hydrologique seul.
    Les résultats de ce travail préliminaire seront à consolider et à compléter (quant à la définition de l’impact significatif des prélèvements en eau souterraine sur les zones humides) par l’expertise à l’échelle « locale ». Par exemple, quelques zones humides de la Bassée (site FR1112002, réserve stratégique pour eau potable du SDAGE) ou du marais de la Souche (FR2212006) bénéficient d’études ou d’observations plus détaillées.
    Il est à noter qu’aucune base de donnée consolidée et à l’échelle du bassin n’existe sur l’état physico-chimique ou écologique des zones humides permettant d’établir un impact des apports et prélèvements souterrains sur le fonctionnement d’une zone humide  . Cette analyse sera ainsi conduite ultérieurement en mobilisant des connaissances disponibles pour les zones humides singulières.

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