Etude hydrogéologique dans le secteur de Noyers-Massangis dans le département de l’Yonne

L’étude hydrogéologique du secteur Noyers-Massangis (rapport BRGM, 1984) apporte des connaissances précises sur le fonctionnement hydraulique des différents aquifères présents dans le secteur Noyer-Massangis

Etude du milieu

Situation géographique

Le secteur se trouve au Sud-Est du département de l’Yonne, dans la région naturelle des « Plateaux de Bourgogne ». Dans cette zone, le Serein a entaillé un plateau essentiellement calcaire   donnant naissance à la vallée la plus encaissée du département, composée de haute, moyenne et basse terrasse. Au Nord/Nord-Ouest, le paysage offre un relief de coteaux aux pieds desquels s’écoulent quelques sources et au Sud, la vallée du Serein s’ouvre sur les argiles de la « Terre Plaine ».

Géologie du secteur

Lithologie

Les formations géologiques rencontrées dans ce secteur sont essentiellement calcaires. Au Nord/Nord-Ouest, les calcaires de l’Oxfordien affleurent largement tandis que vers le Sud, des formations de plus en plus anciennes leur succèdent jusqu’aux argiles liasiques qui annoncent la région de la « Terre Plaine » en bordure du Morvan. Ces formations sont découpés par des cours d’eau (Serein) qui dépose des formations alluvionnaires du Quaternaire.
Le secteur voit affleurer des dépôts du Quaternaires, les calcaires et marnes de l’Oxfordien, les calcaires du Callovien, les calcaires du Bathonien et du Bajocien, les argiles Toarciennes et Domériennes.

Tectonique

L’ensemble des terrains sédimentaires affleurant sur le secteur présente un plongement général vers le Nord/Nord-Ouest en direction du centre du Bassin Parisien.

La tectonique observée est essentiellement cassante. Deux types de failles affectent les formations en place : une famille de failles courtes et orientées NW-SE, une famille de faille longues orientée NE-SW. A noter, au niveau du Serein, la présence de la faille de Massangis (NE-SW), relayée au Nord par une faille subméridienne.
Les rejets de ces accidents sont de l’ordre d’une dizaine de mètres.

Il est noté une variation de densité de fracturation de part et d’autre du Serein, la partie ouest étant plus tectonisée que la partie est et, dans un deuxième temps, une différence de densité au niveau des différents faciès : l’Oxfordien plus ou moins marneux est plus fracturé que le Bathonien compact.

Hydrogéologie  

Le secteur est divisé en trois zones hydrogéologiques bien distinctes :

  • Au Sud, la « Terre Plaine », liasique, présente des terrains argileux peu perméables. On y distingue un premier niveau d’eau à la base du petit niveau calcaire   du Domérien supérieur, fournissant des sources de faibles débit  , puis un niveau plus important à la base des calcaires bajociens dans les sources sont parfois exploitées ;
  • Au Centre, les terrains calcaires dominent. Le Bathonien et le Callovien sont le siège de phénomènes karstiques importants. De nombreuses vallées entaillent les plateaux et ne présentent d’écoulement à l’air libre que pendant une période très courte de l’année. Le reste du temps, l’écoulement est uniquement souterrain, si bien qu’on les considère comme des vallées sèches. ;
  • Au Nord et à l’Ouest, les niveaux marneux de l’Oxfordien retiennent quelques nappes perchées sur les plateaux.

Les calcaires, omniprésents sur le secteur étudié sont le siège de phénomènes karstiques importants bien connus de la population locale :

  • Les gouffres sont nombreux sur les plateaux, et parfois profonds,
  • Les rives du Serein sont jalonnées de grottes,
  • Dans le lit même de la rivière, des bétoires où se perdent les eaux confèrent au Serein un cours très original.

Cette étude indique que la genèse du karst dépend principalement de la fracturation subméridienne.

Les eaux

Les données climatiques : les précipitations  

Lors de cette étude, il est relevé la moyenne des précipitations   annuelles, calculée sur les années 1979-1983. D’après ces données, le secteur recevrait environ 900 mm d’eau par an (les plateaux étant légèrement plus arrosés) répartis sur 180 jours de pluie environ. C’est donc une région relativement humide, subissant très largement l’influence des reliefs du Morvan.
Enfin, l’infiltration   efficace qui en découle est estimée à environ 130 à 170 mm sur l’ensemble de l’Yonne calcaire  .

Apports du Serein dans les eaux souterraines  

Cette étude exploite des essais de colorations menées en Octobre 1954. Ces colorations mettent en évidence des zones de pertes importantes dans le lit du Serein, à l’aval de Tormancy. A la faveur de la fissuration, ces eaux résurgent en plusieurs points dont certains sont captés. Les eaux de cette rivière jouent donc un rôle important sur la qualité et la quantité des eaux distribuées.

Inventaire des points d’eau

Les caractéristiques de tous les points d’eau répertoriés sur le secteur sont présentés (coordonnées, débits, T°C, conductivité…). L’origine des points d’eau est expliquée grâce à la géologie : ceci en fonction de l’étage stratigraphique auquel ils appartiennent. Il est recensé :

  • Les sources du Bajocien : En ce qui concerne les émergences au toit du Lias, elles sont nombreuses, leur débit   est assez constant mais n’est jamais très élevé, alors que les sources karstiques sont en général plus importantes mais accusent des variations de débit   spectaculaires.
  • Les sources du Bathonien moyen et inférieur : On relève très peu de sources par rapport à l’étendue du bassin d’alimentation du Vésulien. Ceci peut être attribué à son caractère marneux, qui lui donne une propriété semi-perméable limitant l’infiltration  , et à la présence d’une formation calcaire   sous-jacente beaucoup plus perméable qui draine les eaux contenues dans le Bathonien moyen. Les sources issues de ce niveau stratigraphiques ne peuvent être pratiquement que des émergences au droit de la fracturation.
  • Les sources du Bathonien supérieur : Elles sont nombreuses au niveau de Noyer uniquement et sont souvent très productives. Bien que leur débit   soit assez variable, les sources ne tarissent jamais et le débit   reste conséquent durant l’été.
  • Sources de l’Oxfordien : Elles prennent naissance au contact des niveaux marneux. Relativement nombreuses, elles n’ont pas de gros débits.

Bibliographie
Dubois V. (1984), Etude hydrogéologique - Département de l’Yonne - Secteur Noyers-Massangis – 84AGI239BOU

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