Etat quantitatif DCE

La Directive Cadre sur l’Eau   2000/60/CE (DCE) définit l’état quantitatif des eaux souterraines   comme « bon » lorsque les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation en eau des écosystèmes et des zones humides directement dépendantes.

Analyse de l’état quantitatif

Il est nécessaire de distinguer le risque de déficit chronique lié à une surexploitation structurelle de la ressource (excédent des prélèvements par rapport à la ressource disponible), de celui de déficit saisonnier épisodique susceptible d’intervenir en cas d’étiage très sévère (moins d’une année sur cinq en moyenne) :

  • dans le premier cas, il s’agit de gérer la ressource en eau de façon durable dans le temps de manière à prévenir la surexploitation des nappes
  • dans le second cas, il s’agit de mettre en place un dispositif de restrictions progressives d’usages pour gérer les situations exceptionnelles de sécheresse

Comparativement aux autres bassins hydrographiques français, le bassin Seine-Normandie n’est pas sujet à des déficits chroniques importants.

État des lieux 2013

Méthode pour l’évaluation d’état quantitatif

Afin de définir l’état quantitatif d’une masse d’eau  , il faut réaliser les tests suivants :

  • trois tests sont communs avec l’état qualitatif (chimique) : « Eaux de surface », « Ecosystèmes terrestres » et « Intrusion salée ou autre » (ces tests sont présentés dans l’article SIGES décrivant l’état qualitatif DCE)
  • et le test spécifique à l’évaluation de l’état quantitatif (« Balance : prélèvements – ressources »)
    Procédure d'évaluation de l'état global des masses d'eau souterraine (AESN, 2013)
    Procédure d’évaluation de l’état global des masses d’eau souterraine (AESN, 2013)

Si un seul des tests n’est pas conforme, alors la masse d’eau   est en état « Médiocre ».

Résultats sur l’état quantitatif

L’état quantitatif, obtenu par croisement des 4 tests, est présenté sur la figure suivante :

Etat quantitatif des masses d'eau souterraine- conformité des masses d'eau souterraine aux 4 tests (AESN, 2013)
Etat quantitatif des masses d’eau souterraine- conformité des masses d’eau souterraine aux 4 tests (AESN, 2013)

Sur les 53 masses d’eau souterraine   du bassin, 2 masses d’eau apparaissent en état médiocre du point de vue quantitatif.
Il s’agit des masses d’eau :

  • Craie   picarde (HG205) : les zones de concentration de prélèvements induisent une baisse piézométrique   durable sur certains secteurs même si l’ensemble de la masse d’eau   est plutôt stable. Elle est soumise à de fortes pressions sur près de 40 % de sa surface
  • « Craie   du Sénonais et pays d’Othe (HG209) : elle présente une tendance chronique à la baisse de plus de 2 cm par an et le ratio des prélèvements par rapport aux débits d’étiage (QMNA5) est élevé sur 36 % de la surface de la masse d’eau   et ceux-ci sont donc susceptibles d’altérer les écosystèmes aquatiques »

De plus, la masse d’eau   transbassin des Calcaires tertiaires libres et craie   sénonienne de Beauce (GG092) est également classée en état médiocre : elle présente une baisse piézométrique   tendancielle de plus de 2 cm/an et une forte pression sur plus de 50 % de sa surface ; les prélèvements souterrains sont supérieurs à 20 % du débit   d’étiage (QMNA5 – débit   moyen mensuel d’étiage quinquennal sec) sur 31 % de la masse d’eau   et peuvent altérer la vie piscicole.

En effet, pour une grande partie des cours d’eau, les apports hydriques par les nappes contribuent fortement au débit  , notamment en période d’étiage.

Contribution des eaux souterraines dans le débit de la masse d'eau de surface en étiage (situation moyennée sur la période de 17 ans de 1993 à 2010) (modèle MECENa AESN-ARMINES Mines Paris-Tech 2013)
Contribution des eaux souterraines dans le débit de la masse d’eau de surface en étiage (situation moyennée sur la période de 17 ans de 1993 à 2010) (modèle MECENa AESN-ARMINES Mines Paris-Tech 2013)

D’autre part, l’estimation des pertes d’habitat piscicole est effectuée par comparaison des conditions de débit   altéré (suite aux prélèvements en eaux souterraines   uniquement) avec les besoins des espèces de poissons caractéristiques de chaque tronçon étudié. Les cours d’eau à débit   naturellement faible ne sont pas pris en compte dans cette évaluation.

L’effet négatif de la diminution du débit   sur la plupart des poissons se fait ressentir après 2 à 3 semaines. L’analyse est ainsi basée sur le débit   statistique d’étiage dépassé 95% du temps. L’impact est évalué par calcul de la perte de Surface Potentielle Utilisable (SPU) maximale pour l’espèce ou le stade de développement le plus sensible à la réduction du débit  .

Altération des habitats piscicoles (en pourcentage de perte de surface utilisable par les poissons) par les prélèvements en eau souterraine (AESN-Mines Paris-Tech-IRSTEA, 2013)
Altération des habitats piscicoles (en pourcentage de perte de surface utilisable par les poissons) par les prélèvements en eau souterraine (AESN-Mines Paris-Tech-IRSTEA, 2013)

Il est à noter qu’une masse d’eau   (entité de grande taille relativement hétérogène) peut avoir un bon état général mais présenter quelques bassins versants hydrogéologiques et/ou hydrographiques pour lesquels un déficit existe.

Evolution de l’état quantitatif des eaux souterraines  

Bien que de nouvelles masses d’eau soient classées en état quantitatif médiocre depuis le précédent SDAGE 2010-2015 où seule la masse d’eau   FRGG092 (Beauce) l’était, cela ne signifie pas pour autant une dégradation de la situation.
Cette évolution du classement est essentiellement due à l’amélioration des connaissances, au développement des réseaux de surveillance et aux études réalisées notamment sur les relations entre les nappes et les cours d’eau.

Découvrez le site :
Présentation de l’état des lieux 2013 du bassin Seine-Normandie

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