Pollution diffuse/pression azotée

L’agriculture : première source   de pollution diffuse pour les phytosanitaires et les nitrates à l’échelle du bassin Seine-Normandie

L’agriculture intensive entraîne des effets préjudiciables pour les ressources en eau, notamment en termes de pollutions diffuses : elle ne concoure pas à une diminution de l’usage des intrants (nitrates et pesticides), et les cultures de printemps laissent les sols nus en hiver (ce qui favorise le lessivage des intrants).
De plus, les surfaces de haies, d’alignements d’arbres et de bosquets du bassin, pourtant favorables au développement de la biodiversité et à la protection de la ressource en eau, sont parmi les plus faibles de France : 1,6% de la surface du bassin est couverte par des bosquets (contre une moyenne de 1,8 en France), 1,3% par des haies (contre une moyenne nationale de 1,6%).

La pression azotée sur le bassin Seine-Normandie

La pollution azotée d’origine agricole provient essentiellement (85%) de l’entraînement des fertilisants minéraux ou organiques épandus sur les terres cultivées puis ponctuellement (et minoritairement) de rejets d’effluents d’élevage directement au milieu. S’ils ne sont pas consommés par les plantes, les nitrates - totalement solubles dans l’eau - sont rapidement entrainés vers les nappes souterraines et les cours d’eau par lessivage et drainage des sols.

La pression azotée nette d’origine agricole correspond au flux de nitrate lixivié sous les sols agricoles et susceptible de rejoindre les milieux par ruissellement (de sub-surface) ou infiltration. Ce flux dépend :

  • de l’usage des sols (type de culture et succession) ;
  • des pratiques de fertilisation propres à chaque exploitation et à chaque culture ;
  • des exportations d’azote réalisées par les cultures (rendement) et donc du climat ;
  • des types de sols et de leur capacité à retenir l’azote ;
  • et de la pluviométrie (forte solubilité des nitrates).

Ce flux lixivié n’est pas une grandeur aisément mesurable en situation agricole. Sa caractérisation à l’échelle du bassin Seine-Normandie demande la mobilisation d’une grande quantité d’informations difficilement disponibles à fine échelle (sols et pratiques agricoles notamment), et le recours à la modélisation pour simuler le comportement du système « sol-culture-plante ». Des travaux sont en cours dans le cadre du Programme de Recherche Interdisciplinaire sur l’Environnement de la Seine ([PIREN-Seine - liens vers le site internet du PIREN SEINE et vers l’article du SIGES). Ils permettront à terme d’améliorer la connaissance de cette pression nette en azote agricole et des phénomènes de transferts vers les nappes et les cours d’eau.
Le PIREN-Seine a rédigé plusieurs synthèses sur l’azote et les nitrates, permettant de comprendre l’origine et les processus de migration des nitrates pour ainsi mieux protéger les milieux et inverser les tendances à la hausse de la pollution azotées dans les eaux.
Deux fascicules ont été publiés : le fascicule n°3 sur la pollution du bassin de la Seine par les nitrates et le fascicule n°15 sur la cascade de l’azote dans le bassin de la Seine.

Également, le BRGM et l’AESN ont réalisés des études sur les temps de transfert et tendances d’évolution des nitrates dans les eaux souterraines (études « PollDiff ») : un article dédié à ces résultats est disponible sur le SIGES.

Les pesticides sur le bassin Seine-Normandie

Chaque année, de nouvelles substances actives sont autorisées. En 2011, elles étaient au nombre de 580. Si l’agriculture est la principale source   d’utilisation des pesticides (91 % dans le bassin Seine-Normandie), leurs usages se sont également répandus dans les espaces publics, les voiries et les jardins (9%).
Les mécanismes de transfert et de dégradation des pesticides dans l’air, les sols, les cours d’eau et les eaux souterraines, ainsi que les effets de ces substances sur l’environnement et les êtres vivants sont mal connus.
Le constat est préoccupant : les suivis de la qualité des eaux de surface montrent une contamination récurrente par les pesticides sur l’ensemble du bassin de la Seine. Or, seulement 1 à 5 % des quantités appliquées sont effectivement transférées dans les cours d’eau. Ces pesticides, en se dégradant, peuvent donner naissance à des molécules plus néfastes pour l’homme et l’environnement. La rémanence de certains produits (comme l’atrazine, abandonnée en 2003) explique également la contamination des eaux souterraines malgré leur interdiction, ce qui a conduit à l’abandon des captages d’eau potable les plus contaminés.

Le PIREN-Seine a rédigé le fascicule n°14 sur la compréhension des origines et des transferts des pesticides, pour en évaluer l’impact sur l’homme et l’environnement.

Des solutions durables pour lutter contre les pollutions diffuses par les phytosanitaires et les nitrates

Des solutions existent pour inverser cette tendance en intervenant à différents niveaux, en impliquant non pas uniquement les agriculteurs mais l’ensemble des acteurs de la société.
Les leviers sont multiples :

  • limiter à la source   les fuites d’azote et de pesticides engendrées par l’agriculture, en agissant tant sur les pratiques culturales que sur l’organisation de la chaîne agroalimentaire ;
  • réduire le recours aux produits phytosanitaires en milieu urbain (Voir l’article « objectif zéro pesticide » sur le site de l’AESN) ;
  • améliorer l’épuration tertiaire des eaux résiduaires urbaines ;
  • concevoir des aménagements du paysage permettant d’amplifier le rôle d’épuration naturelle des milieux vis-à-vis de la contamination nitrique ;
  • etc …

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Pollution diffuse/pression azotée

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